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Centre de Kerdudo
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ADDICTIONS
POLYTOXICOMANIE
(groupe de réflexion)


   L'objectif de ce temps d'échange collectif, en se fondant sur les expériences et questionnements de chacune, serait de favoriser la connaissance des diverses expressions que prend la dépendance. Que chaque participante puisse également mieux repérer les comportements concernés, se situer dans sur l'échelle des bénéfices et des risques.
   C'est encore, extraire des symptomatologies spécifiques ce qui permet de saisir autrement cette dépendance si humaine en son essence...
   A partir de quand un comportement ou l'usage d'un produit deviennent-ils pathologiques? Petites et grandes dépendances poussent chacun à s'interroger sur le sens et les signes de leurs présence.
   Doit-on parler de dépendance tant qu'il n'y a pas souffrance? Les signes principaux sont-ils à rechercher dans une souffrance initiale, causale, ou dans les douleurs secondaires, conséquences du comportement ou de l'usage?
   Qui n'a pas constitué, au cours de son existence, quelques habitudes et rituels plus ou moins conscients et rassurants... « jusqu'à un certain point » ?
   Où se situe le point de rupture de l'équilibre ?
   Ainsi, aborder les addictions aux produits avec l'éclairage des dépendances comportementales, et à l'inverse, entendre que les comportements dans une pratique addictive sont finalement assignés à un rôle d'objet, amène à considérer l'ensemble de nos pratiques humaines comme un système global d'étayages fragiles.

   Du point de vue neurologique et physiologique, qu'il s'agisse d'une addiction avec ou sans produit, c'est toujours un état à venir et /ou le soulagement d'un état actuel qui est recherché.
  Toute activité supposant la mise la mise en action du corps, produit elle même ses substances agissant à leur tour sur les ressentis mentaux. Les plus caractéristiques en la matière sont les addictions aux actions basées sur des prises de risque extrêmes. L'apport est généré en interne, et par boucle rétroactive, provoque le besoin de continuer. L'apport d'un produit externe, supplée quant à lui aux insuffisances des circuits internes.
   Le « jamais suffisant » réclame un « toujours plus ». La dépendance s'installe sur la tolérance et l'accoutumance.

   Ainsi, nombreux sont nos comportements à se situer sur une échelle allant du bénéfice au risque , chacun se croisant, se complétant ou se substituant l'un à l'autre. Tout dépend ensuite des circonstances extérieures, des états psychiques et des besoins.
   Le « tout », plus ou moins équilibré, s 'est nourri des rencontres et des expériences pour forger les verrous et les clefs propres à chacun. Autant de nœuds formés, dénouables pour certains, à condition de les repérer et d'en trouver, sinon l'origine passée (qui n'est pas toujours accessible), du moins le sens actuel.  LIEN INTERNET

   Plus concrètement, un temps d'échange dans le programme de soin, n'a pas d'autre ambition que de proposer un début de repérage et d'orienter un questionnement visant une compréhension globale des manifestation multiples de la dépendance fondamentalement humaine. Libre à chacune ensuite de poursuivre individuellement sa recherche.
  
   Quant à l'animation du groupe, elle pourra se nourrir de quelques orientations qu'il sera nécessaire d'avoir en tête, afin de favoriser leur mise en lumière en fonction de ce qu'apporteront spontanément les participantes.

    • La graduation du « normal » vers le « pathologique ». Notamment pour les addictions sans produit.
    • Les différents modes d'entrée. La perte du contrôle et l'installation dans une dépendance.
    • Légalité, illégalité.
    • La prise de risque.
    • Les conséquences sur les relations, l'affectivité, l'image de soi.
    • Le repérage de ce que cela implique sur la vie quotidienne ; les ritualisations ; les contraintes.
    • Le regard des autres, de la société.
    • Les solutions de sortie qu'ont pu trouver les personnes concernées ayant déjà cheminé.
    • Les difficultés rencontrées pour mettre en route un désir de changement.

   Des précautions à prendre afin de suivre le rythme de chacune à dire, à entendre...

   Il est souvent plus difficile d'admettre et d'exprimer une addiction comportementale qu'une addiction à un produit. Le comportement en effet, touche à quelque chose de plus intime. L'addiction comportementale, moins fréquente, s'en trouve également moins « banalisée ». Les personnes se sentent davantage isolée avec leur problème et développent des résistances défensives.
Ainsi, exemple assez caractéristique, la lutte pour ne pas abandonner le comportement d'une personne souffrant d'anorexie, se trouve souvent au devant de la scène mentale. Et la réticence à l'idée même de soin peut imprimer à la rencontre thérapeutique une tournure rapidement conflictuelle, dès lors que la personne perçoit la moindre insistance de la part de son interlocuteur.
  
   L'étayage du groupe prend toute sa valeur en revanche, si le hasard de la distribution permet à une personne ayant entamé auparavant une démarche, de s'exprimer librement face à une autre qui n'est pas encore prête.
    L'identification présente une vertu dédramatisante, permettant de sortir de l'isolement. Elle peut ouvrir sur une « autorisation » à dire, ou pour le poins, à penser...
   Il en va ainsi de l'anorexie (qui n'est toutefois pas totalement « sans produit »), mais aussi des achats compulsifs, des addictions aux jeux, des dépendances affectives et sexuelles, etc...